PETITS FANtômes

LITTLE GHOSTS

2014

Photographies & film photographique (en collaboration avec Alexandre Liebert)

LITTLE_GHOST_V5-NEON-DEF_Page_1
LITTLE_GHOST_V5-NEON-DEF_Page_2
LITTLE_GHOST_V5-NEON-DEF_Page_3

Des nains, au corps déformé ou resté enfant, costumés et grimés, qui effraient les spectateurs dans une Ghost House, et on repense immédiatement aux exhibitions de monstres de foire. Cela choque aussitôt, comme un terrible retour en arrière pour les droits de l’homme, une exploitation dégradante du handicap.

 

Cette réaction est remise en question lorsqu’elle est placée dans le contexte actuel d’un pays en développement comme le Cambodge, où les personnes en situation de handicap sont encore victimes d’exclusion et ont difficilement accès à un travail.

 

La Ghost House de Phnom Penh est l’une des attractions phare du parc d’attraction Dreamland. Dans ce pays de superstitions, les petits fantômes savent jouer de l’ambiguïté de leur apparence, handicap au quotidien qui devient un atout pour leur performance. Ils ont également trouvé ici une nouvelle famille à laquelle ils sont pleinement intégrés. « Grands » et « petits » confondus, on y découvre une jeunesse ordinaire et pleine de vie, entre selfies, flirts et réseaux sociaux, bien loin des préjugés.

Façade de la Ghost House.

Sophea, 23 ans, et Lili, 21 ans, devant les caisses de Dreamland.

Norm, 26 ans, et Horm, 30 ans, se maquillent avec leurs collègues pour travailler.

“A Takeo je n’avais pas de travail. Que voulez-vous que je fasse, petite comme je suis ?” Horm, 30 ans, employée depuis 5 mois dans la Ghost House.

“J’aime faire peur .Ce n’est pas une question de taille, parfois les petits font mieux que les grands car tout est dans la technique.” Kiry, 24 ans, employé depuis un an et demi dans la Ghost House. A droite Norm, 26 ans.

“Parfois ils ont peur et s’enfuient en courant et je me sens heureuse. Quand ils parlent de notre prestation à l’extérieur, que nous hantons bien, alors le patron nous félicite pour notre bon travail.” Norm, 26 ans, employée depuis 3 mois dans la Ghost House. De gauche à droite : Ly, 21 ans, Norm, Kiry, 24 ans, Horm, 30 ans, et derrière eux le patron de la Ghost House.

Sophea, 23 ans, employée depuis 6 mois dans la Ghost House, se maquille en fantôme.

“Personne n’embauche, il n’y a que cet endroit. Ils m’aiment bien et ont eu pitié de moi. J’ai du travail comme tout le monde.” Sophear, 24 ans, employé depuis un an dans la Ghost House.

“On est comme frères et soeurs, on a pas envie de se quitter. Je ne peux pas m’arrêter de travailler et je ne cherche pas ailleurs. En plus on gagne bien sa vie ici.” Horm, 30 ans, employée depuis 5 mois dans la Ghost House. De gauche à droite : Horm, Sophea, 23 ans, Lili, 21 ans, et un “grand” collègue.

Lili, 21 ans, dand les bras d’un “grand” collègue de la Ghost House.

Sophea, 23 ans, dans la chambre qu’elle partage avec ses collègues Horm, Norm et Lili.

Norm et un “grand” collègue de la Ghost House.

Mur de la chambre que partagent Lili, Sophea, Norm et Horm.

“Quand j’ai vu dans l’annonce qu’on recrutait des petits comme moi, j’ai postulé. Et quand j’ai été prise, j’étais drôlement contente d’avoir un travail comme les grands.” Norm, 26 ans, employée depuis 3 mois dans la Ghost House.

film photographiQUE

Photographer EMILIE ARFEUIL

Video & Editing ALEXANDRE LIEBERT 
Translation CAROLINE GUYON
 

LIEN VERS LA VERSION FRANCAISE:

https://vimeo.com/105577388